Julie, 34 ans, photographe professionnelle. Mes appareils photo m'accompagnent partout, ils sont devenus petit à petit une partie de moi. Bien plus que de simples outils pour contrer l'oubli, ils me permettent aussi de dire, de montrer, la vie, visible et invisible, comme je la ressens et la perçois. Depuis quelques années je me suis spécialisée dans la photo argentique, avec des pellicules périmées. Je développe chez moi, cette liberté me permet d’expérimenter toute sorte de choses, notamment l’ajout systématique d’eau puisée directement de l’océan Atlantique dans le premier bain. J'aime me dire qu'il y a un peu d'immensité dans un si petit contenu. La pellicule périmée est pour moi un moyen de mettre l’accent sur ce qu’on ne remarque pas, ou plus. Les défauts de la pellicule intriguent. On ne voit pas, on regarde. On ne passe plus à côté, on s’arrête. J’aime aussi comparer les aspérités de ces vieux films à nos failles personnelles, comme des fuites qui laissent entrer la lumière. Des irrégularités, souvent critiquées au premier abord mais essentielles, et qui avec le temps deviennent une force, des alliées, des appuis pour s’accrocher aux parois trop lisses de la vie. On prend le temps ; le temps de s’arrêter, le temps de s’attarder sur ce qui subsiste encore aujourd’hui, pour pouvoir dire encore demain, et même un peu plus loin, j’ai vécu, je m’en souviens, et plus que jamais, j’existe ;

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Lieu de l'exposition

du 4 juillet au 4 septembre 2025